28.10.2008

Une petite -et brève- histoire de la phytothérapie

Le premier texte sur la médecine par les plantes a été gravé sur des plaques d’argile par les Sumériens, environ 3 000 ans avant J-C. Quelques siècles plus tard, en 1600 ans avant J-C, on a trouvé un papyrus qui traitait des diverses pathologies et la façon de les soigner par les plantes. Plus de 700 préparations y figuraient ! Bien plus tard, au 1er siècle de notre ère, les grecs avait déjà répertorié des milliers de plantes et noté leurs usages médicaux. Dioscoride écrit, à cette même époque, son traité qui très longtemps, servira de référence.

A l’époque des croisades, les européens adoptent les connaissances botaniques accumulées par les Infidèles. Les moines pratiquaient déjà l’art du "jardin médicinal". On appelle les plantes qu'ils cultivent dans chaque jardin de monastère, des "simples". Au 13e siècle le métier d’herboriste est finalement réglementé. En 1478 l’herbier de Dioscoride est enfin imprimé grâce, bien sûr, à l'invention de l'imprimerie par Gutenberg.

Au 18e siècle, c’est le botaniste suédois Linné qui recense les classifications des végétaux et les premières descriptions. Puis, les progrès vont se précipiter.

Au 19e siècle, on isole la quinine de l’écorce de cinchona, puis la digitaline de la digitale pourpre. Depuis, l’homme a poursuivi sans trêve sa quête vers la connaissance des plantes, leurs secrets et leurs vertus bénéfiques.

Hippocrate lui-même utilisait les écorces de peuplier et de saule comme remède contre la fièvre, ces deux espèces végétales contenant de l’acide salicylique. Se forge ainsi la "théorie des signatures" qui veut que chaque contrée de la terre entraîne son lot de problèmes et le moyen de s'en protéger ou se soigner. Près de l'eau ou les pieds toujours dans l'eau plus ou moins propre ou saumâtre, on attrape des rhumes, des fièvres ou des rhumatismes: l'acide salicylique est d'un grand recours contre les douleurs et fièvres.

Mais toujours, la médecine par les plantes connaît un extraordinaire engouement à travers le monde. Il est certain que notre époque est profondément marquée par la recherche d’une vie plus saine, d’un retour à la nature, aux valeurs essentielles. Ce n'est même plus un phénomène de mode, c'est une nécessité devant l'état de la planète. D’autre part, par son action en douceur et en profondeur, la phytothérapie apparaît comme la réponse idéale aux maladies qui caractérisent notre société, comme le stress, l’insomnie, la dépression, l’obésité.

La phytothérapie agit en profondeur, sans agresser l’organisme et en stimulant ses défenses plutôt que de se substituer à elles. Résultat: une action durable, efficace et surtout dépourvue des effets secondaires indésirables, parfois même néfastes et qui sont souvent dramatiquement pathogènes. On compare souvent les médicaments "classiques" mais on dit "allopathiques" à la phytothérapie. Cependant, rien ne sert à monter les antagonismes séparateurs: iI y a place pour chacun d’eux dans l’arsenal thérapeutique mis à notre disposition. Les constants progrès de la science ouvrent de nouveaux horizons pour la santé humaine mais également pour la phytothérapie. De nouvelles méthodes scientifiques pour connaître les principes actifs des plantes sont mises au jour ainsi que des découverte de nouvelles propriétés, nouvelles formes d’utilisation plus pratiques adaptées aux besoins de la vie actuelle.

La phytothérapie moderne utilise des extraits de plantes hydroalcooliques sous forme de teintures, d’essences, de décoctions, de sirops, de distillats ou autres extraits, en les débarrassant des substances inutiles et en concentrant les actifs dont l’effet est recherché.

Ces extraits de plantes seront soumis aux mêmes essais que les médicaments obtenus par synthèse chimique car ils doivent répondre aux critères de la médecine traditionnelle et des sciences naturelles (examens analytiques, pharmacologiques et cliniques).

Les domaines d’application de la phytothérapie sont très variés. Les plantes peuvent traiter quasiment toutes les maladies qu’elles soient bénignes ou importantes. Il faut cependant toujours garder à l’esprit que les plantes ne sont pas inoffensives. Mal dosées ou utilisées à mauvais escient, elles peuvent être nocives et provoquer des troubles sévères. Certaines peuvent même être toxiques pour l’homme, comme par exemple la belladone, le datura, l’éphédra, l’aconit, la digitale jaune et la digitale pourpre.

La phytothérapie ne peut pas être la seule alternative à la thérapie des maladies dans un total rejet des médicaments de synthèse mais elle en est un complément très intéressant.

Demandez conseil à votre pharmacien, votre herboriste ou votre naturopathe, en scientifique averti, il saura vous conseiller et vous guider au mieux et ne cherchez pas à vous auto-médicamenter sans précaution. La Nature est votre avenir. Prenez en soin et elle vous le rendra au plus que centuple.

Ecrire un commentaire